Réformes du lycée


Destinataire : Lycéens, parents, enseignants


        

Monsieur le Ministre,

Dans la Nièvre, les élèves, la Fédération de parents FCPE 58, des enseignants se mobilisent depuis de nombreux mois pour demander l’arrêt des réformes sur les lycées professionnels ainsi que généraux et technologiques. Ils réclament qu’une concertation soit menée à grande échelle et ce sur tous les territoires. Le but, présenter une réforme réfléchie et aboutie qui améliore la formation au lycée et au baccalauréat au lieu de lancer une réforme pour une « urgence économique » dans nos lycées.

Pour réussir une telle réforme, il faut prendre le temps de réfléchir et de retravailler avec les principaux acteurs sur tous les territoires pour apporter aux élèves la meilleure solution pour leur avenir.

En effet, si l’Education Nationale a bien communiqué sur la forme de ces réformes, il reste le plus important le fond !!! De l’ambition, nous en avons tous pour réformer le baccalauréat mais pas à n’importe quel prix !


Dans le même temps, il est annoncé la suppression de 2650 postes d’enseignants remplacés par des contractuels non formés et 400 postes administratifs dans l’éducation nationale.


Dans notre département rural, cette réforme va faire payer le prix fort aux élèves et aux équipes éducatives. Elle va aussi faire payer le prix fort aux lycées et également aux Communes car le départ d’une seule famille, la fermeture d’une section, la suppression d’une option, la non mise en place d’une spécialité, ou pire la fermeture d’un lycée peut tout faire basculer, et signer l’arrêt des études pour des élèves ainsi que la désertification des villes et villages car le lycée est un véritable atout social et économique.

Voici un bref récapitulatif des points qui sont inacceptables :


  • Augmentation des inégalités sociales et territoriales :

Autant sur les lycées d’enseignements professionnels avec la fermeture de certaines sections et la suppression d’heures d’enseignements généraux, que les lycées G&T, avec un choix et un nombre de spécialités ou des options qui varieront selon le lycée de secteur, les élèves devront-ils choisir entre le CNED, ou partir dans un autre lycée avec un coût non négligeable pour les familles. Il est même envisagé pour les cités lycéennes de faire naviguer les élèves entre lycées ! Toutes ces problématiques vont peser lourdement sur la scolarité mais aussi sur l’orientation et l’ambition des élèves nivernais.


  • La remise en cause du caractère national du baccalauréat :

Pour le lycée GT, 40 à 50 % de l’examen sera évalué dans l’établissement par les professeurs. En effet, chaque lycée pourra choisir son sujet et organisera les épreuves. Cette formule risque d’accroître la concurrence entre les lycées et devient donc très préjudiciable pour le cursus des élèves. De plus, comment les résultats seront-ils traités dans Parcoursup, quelles garanties avons-nous pour l’attribution des places lorsque les élèves viennent de lycées ruraux ou des villes de taille moyenne comme Nevers ?


  • Un bachotage permanent en première et terminale :

Alors que nous avions demandé une autre démarche visant à supprimer le bachotage, force de constater que la multiplication des épreuves va obliger les élèves à passer plus de temps à préparer les examens qu’à apprendre et assimiler. Cela est-il moins stressant ?


  • Une hausse des effectifs par classe :

On devrait accueillir plus de 35 élèves par classe l’année prochaine !!! Comment étudier dans de bonnes conditions et avoir une attention particulière aux jeunes en difficulté ou en situation de handicap ?


  • Appauvrir les offres de formation :

Que ce soit en LP ou GT, l’Education Nationale réduit les offres de formations, pour exemple la spécialité Numérique et sciences informatiques ne serait ouverte que dans cinq établissements de l’Académie alors qu’elle existait dans beaucoup d’établissement ce qui créé un véritable manque. Des sections professionnelles vont être fermées parce qu’il n’y a pas assez d’élèves, les jeunes devront partir dans d’autres départements ! Si dans la Nièvre nous ne devons laisser ouvert que les sections où il y a 30 élèves alors nous risquons de fermer toutes nos sections …. Supprimer des formations c’est tuer l’ambition des élèves et favoriser soit leur départ soit l’arrêt de leurs études.


Face à la mobilisation dans les établissements avec les lycéens, les parents, les enseignants, nous vous demandons Monsieur le Ministre d’entendre nos revendications, de reconnaître la gravité de la situation et de retirer ces réformes néfastes pour les élèves pour une autre réforme réfléchie, humaine et montrant une réelle ambition.


Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos respectueuses salutations.

Premiers signataires :
- La Fédération de Conseils des Parents d’Elèves de la Nièvre (FCPE58) 


- Le Syndicat des Enseignants du Second Degré de la Nièvre (SNES-FSU 58)
- Le Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel (SNUEP-FSU 58)





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