Stop aux cirques avec animaux sauvages dans nos villages


Destinataire : Mrs les maires de st martin & de viols-le-fort


        

Messieurs,

 

Nous souhaitons vous faire part de notre désapprobation quant à l’installation de cirques avec animaux sauvages sur les communes dont nous sommes résidents et dont nous vous avons confié la gestion.

 Vous n’êtes sans doute pas sans savoir que cette tradition ne fait plus l’unanimité depuis longtemps. Les animaux sauvages exploités par les cirques vivent dans un environnement incompatible avec leurs besoins fondamentaux, du fait de (1) leur confinement dans des cages étroites dont ils ne sortent que pour les représentations, (2) le stress des longues heures de transports hebdomadaires, (3) la brutalité fréquente des méthodes de dressage, (4) le stress des représentations associées à l’exécution de numéros contre-nature pouvant générer des blessures graves, (5) l’absence de temps de repos, d’espaces où il peuvent se soustraire au regard du public, et bien souvent de retraite après une dure vie de labeur, (6) un environnement social qui n’a rien à voir avec les besoins de leur espèce. Les animaux de cirques ne sont pas domestiqués, car la domestication est un processus de reproduction sélective qui s’étend sur des centaines de générations et modifie profondément le patrimoine génétique d’une espèce, jusqu’à aboutir à la création d’une nouvelle espèce. De ce fait, ils ressentent les besoins propres à leur espèce. Nul besoin d’être scientifique pour constater que les conditions de vie offertes par les cirques sont sans rapport avec de tels besoins. Pour plus de détails, je joins à ce courrier un article récemment publié dans Libération, rédigé par plusieurs spécialistes du comportement animal et signataires de cette lettre, qui approfondit ces arguments.

Les cirques ne jouent pas de rôle de conservation des espèces en danger, bien au contraire. La marchandisation des animaux liée à leur activité alimente les trafics. Le message pédagogique qu’ils délivrent, en présentant des individus appartenant à des espèces menacées dans des conditions misérables et en les forçant à exécuter des numéros contre-nature, est catastrophique pour promouvoir, chez nos enfants, le respect de la nature et des animaux, et pour les sensibiliser à l’érosion de la biodiversité et à l’importance de sa conservation. Le fait qu’il s’agit d’une tradition n’est pas un argument recevable, dès lors qu’une telle activité n’est plus conforme aux valeurs éthiques, en constante évolution, de nos sociétés contemporaines (il fut un temps où les cirques exhibaient des humains).

Les cirques avec animaux sauvages se savent condamnés, et savent aussi que leur avenir passe par une reconversion vers des spectacles sans animaux. Quarante pays ont interdit totalement ou partiellement les cirques avec animaux, dont 25 en Europe (comptant notamment l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Grèce, L’Irlande, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni – liste disponible sur demande). Devant le retard de la France quant à ce mouvement, plus de 90 maires français, dont les maires de Montpellier et de Strasbourg, ont déjà pris des arrêtés ou formulé des vœux pour suspendre les autorisations d’installation aux cirques avec animaux sauvages (liste disponible sur demande). Cette tendance s’accélère et nous aimerions que nos communes contribuent à cette dynamique, en arrêtant de cautionner ces pratiques d’un autre âge.

Si c’est utile, nous nous rendrons disponibles pour accompagner la marche à suivre pour décourager l’installation d’un cirque sur une commune. Nous rappelons également que l’affichage sauvage d’affiches sur le mobilier urbain est interdit et est souvent, dans les faits, retiré par les services municipaux après le départ des cirques, donc aux frais du contribuable. Cet affichage peut donc faire l’objet d’une verbalisation par la gendarmerie.

Nous espérons que vous accepterez de nous recevoir pour discuter de cette requête de vive voix dans les semaines à venir, et vous remercions par avance pour votre considération.

 

Bien cordialement,

 

Des résidents de vos communes.






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